1. Pour l’accompagnement
d’une cité éphémère
du XXIe siècle

Mars 2016

Un bidonville de 5 000 personnes venues du monde entier, poursuivant ici le rêve d’une vie meilleure. Une cinquantaine de restaurants, une trentaine d’épiceries, des lieux de culte, des équipements culturels et des habitats construits à la main, à la force d’une solidarité internationale unique au monde. Des formes architecturales parfois complexes, des organisations spatiales souvent rapportées de contrées lointaines. Des risques démultipliés cependant, malgré une trentaine de « Fire points », une centaine de latrines, 116 points d’eau, un système de ramassage des ordures, une viabilisation de la dite « Main Street ». En outre, un bâti en proie à une dégradation rapide, et une urbanité enclavée, réprimée, séparée de la ville par le « nettoyage » et la neutralisation d’une « bande de 100 mètres », par des dispositifs de sécurité et des barrages de forces de l’ordre omniprésents.

Mars 2017

Une cité éphémère accueillie pour une durée de cinq ans sur le territoire de Calais, telle une ville foraine en supplément de la ville historique, tel un havre qui fera nécessairement école le long des parcours migratoires en Europe. Dans la cité, la viabilisation d’un réseau de circulations douces pour piétons et vélos se prolonge route de Gravelines, rue de Garennes et chemin des Dunes, et s’augmente de nouvelles lignes de transports en commun. Jalonnant ce réseau dont l’artère principale est accessible aux véhicules de pompiers, de multiples fontaines, toilettes sèches, dispositifs anti-incendie et équipements nécessaires au ramassage des ordures. En lisière, dans la « bande des 100 mètres » et, au-delà, le long des cheminements conduisant au centre-ville, un jardin en mouvement généré par la culture des milles essences repérées ici. La préfiguration du devenir « Tiers paysage » de la lande qui, dans cinq ans, sera rendue à son statut de site protégé, de « Réserve pour oiseaux migrateurs ».