3. Pour une signalétique
de Calais ville-monde

Mars 2016

Dans la ville de Calais, des signes clandestins témoignent du passage de migrants, d’un rêve, d’un cri, d’un appel. Surplombante, s’impose une signalétique officielle et uniforme, banale au point d’en devenir invisible. Dans le bidonville, s’écrit à la main une signalétique sporadique et multilingue. Ainsi s’esquisse une cité vive, mais aussi mal nommée que maltraitée : aucun signe de la République n’y apparaît, sinon sur les uniformes omniprésents alentours. Émergent à peine sur la carte mentale les couleurs et contours d’un lieu, les traces d’une vitalité que la ville de Calais elle-même combat, ne sachant s’en saisir pour la faire sienne.

Mars 2017

Dans la ville de Calais tout entière, l’espace du quotidien se pare d’une écriture palimpseste, d’une épaisseur de sens nouvelle. Le territoire de l’agglomération se nomme en chacune des langues parlées par celles et ceux qui, un jour, une nuit ou toute une vie, y vivent, y dorment, y rêvent. De la place d’Armes à celle du Parlement des Confins, une identité visuelle se déploie, composite et mondiale, offrant à Calais le statut de capitale. Dans la New Jungle, la structure complexe des voies et des chemins devient entrelacs de noms, de mots, de textes rapportés du parcours de celles et ceux réfugiés là.