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  • Considérant

que les chemins apparus dans la plaine lui rend son statut de « territoire public » (de paysage).

Le morceau de plaine sur lequel se situe la Jungle de Calais constitue un paysage à la fois complètement fermé et en attente d’ouverture. Fermé parce que la rareté des chemins, l’omniprésence des fossés qui le découpent (les watergangs) et les clôtures des pâtures interdisent de s’y promener. Mais aussi en attente d’ouverture parce que situé en bordure de l’un des paysages les plus attractifs de la région (le littoral, ses dunes et ses plages), et dores et déjà investi par des activités de loisir et de pleine nature, notamment un centre équestre et un complexe sportif.

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De ce point de vue, l’installation de la Jungle sur ce territoire a permis de le rendre à nouveau praticable. Contraints de traverser les obstacles, les migrants longent les watergangs, bricolent de petites passerelles, pratiquent des percements dans les grilles. Ces atteintes à la propriété privée sont toujours effectués de la façon la plus légère possible.

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En empruntant ces nouveaux chemins, on se rend compte qu’ils désenclavent le hameau du fort vert, qu’ils permettent des accès par les champs en direction du complexe sportif, et que si la plaine calaisienne était partout dotée d’un tel réseau de chemins, la plupart des problèmes d’accessibilité et de mobilité interurbaine trouveraient leur solution, tout en rendant la proximité du paysage plus forte et plus intime.

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