Belgium

  • Considérant

que se nourrir est une nécessité vitale, la Belgium Kitchen prépare et distribue 1000 à 1500 repas tous les soirs.

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La Belgium Kitchen est née d’une initiative citoyenne ayant eu lieu à Bruxelles, en août 2015. Dans cette capitale comme dans de nombreuses autres villes européennes, l’été 2015 a été marqué par une forte vague de migration des réfugiés, notamment syriens et irakiens. Une fois enregistrés à l’Office des étrangers belges, les réfugiés ont droit à un hébergement. Mais en attendant, rien n’est prévu pour leur accueil. Vu leur nombre, les demandeurs d’asile ont parfois dû attendre 15 jours pour accéder à un hébergement. Ils ont commencé à dormir dans le Parc Maximilien, juste en face de l’Office, en plein centre de Bruxelles. D’autres personnes touchées par la précarité, des sans-abri, des sans-papiers, se sont aussi installés dans ce lieu. Petit à petit, des citoyens ont commencé à apporter des tentes, de la nourriture et des vêtements. Les bonnes volontés se sont organisées, et le dispositif Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés a été créé, pour aider les quelque 500 à 1000 personnes présentes dans le parc. Les citoyens bénévoles de la Plateforme ont ensuite été rejoints par des associations comme Médecins du Monde et Médecins sans Frontières, et d’autres réfugiés. Elle proposait des consultations médicales, psychologiques et juridiques, des distributions de nourriture, de repas, de tentes, de couvertures, de vêtements. Elle a organisé une école pour les petits et pour les grands en néerlandais et en français, un cinéma, une mosquée et un terrain de football, et assuré l’accès au wifi, à des toilettes, à des douches. Le campement dans le Parc a fonctionné jusqu’au mois d’octobre, sur la seule base du bénévolat et des dons. Ayant décidé de prendre en charge le pré-accueil des demandeurs d’asile, le gouvernement a alors fermé le parc. La Plateforme a récupéré un bâtiment offert par un donateur. C’est à ce moment qu’une équipe de bénévoles a souhaité se rendre à Calais.

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En arrivant dans la Jungle, cette équipe a uni ses forces à celles d’un groupe présent sur le terrain pour distribuer de la nourriture, qui ne disposait que d’une camionnette. Ensuite sont arrivés un camion et une petite tente. Enfin l’équipe a pu installer une tente militaire au milieu de la Jungle. En novembre, à l’initiative d’un cuisinier, l’équipe a commencé à préparer des repas, d’abord de simples soupes, puis peu à peu des mets plus élaborés. En décembre, une structure en bois a été construite pour accueillir la cuisine, qu’une tempête a détruite. Les bénévoles et les réfugiés en ont reconstruit une plus grande encore, après que des habitants de la Jungle aient accepté de lui laisser la place. Enfin, en février, grâce à des dons de particuliers, une association d’architectes de Bruxelles et des étudiants ont construit une cuisine beaucoup plus vaste et solide. « C’est costaud, on est content. Depuis la destruction du sud de la jungle, les rats se sont enfuis et viennent vers le nord, chez nous. On les craint, car ils sont très gros, mais pour l’instant ça va, il n’y a pas de rats car la cuisine et les stocks sont fermés. »

Aujourd’hui, la Belgium Kitchen se compose d’une tente militaire où stocker des matériaux, d’une cabane en bois où stocker les aliments, de trois chambres pour accueillir des bénévoles et d’une cuisine avec de grandes casseroles et quatre gazinières. Les dons proviennent de L’Auberge de Migrants, de la chaîne Carrefour de Calais, de quelques associations internationales et des particuliers.

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« Au début, quand on a commencé, je ne pensais pas qu’on finirait avec un truc grand comme ça ! Dans les bons jours on fait 1000 repas, quand il fait mauvais temps on n’en sert que 400, alors les gens peuvent avoir du rab, il ne faut pas gâcher, et on ne peut plus faire de deuxième tour. Il n’y a jamais trop de nourriture car les gens de la zone sud ont dû monter dans la zone nord alors on a beaucoup plus de monde. Et il y a aussi les habitants des containers, ils ne peuvent pas cuisiner alors ils ont faim. On fait des plats selon notre stock. Hier on a fait des haricots blancs, ça peut être aussi de la soupe aux lentilles… Notre cuisinier est un réfugié syrien, il fait des plats de son pays, donc ça plaît bien aux gens. »

Selon un organisateur, 3 bénévoles peuvent faire à manger pour 1000 personnes. L’équipe n’est pas vraiment fixe. Elle se met à la tâche à partir de 13h, en commençant par la vaisselle du jour. Outre la distribution des repas, la Kitchen donnent de la nourriture, notamment des haricots blancs, de l’huile, du sucre, du riz, des lentilles et de l’eau aux quelques réfugiés qui viennent pendant la journée.

« Notre projet était aussi de faire une clinique, là où se trouve actuellement la tente militaire mais on a abandonné le projet à cause des destructions. On avait trouvé une association qui pouvait trouver des médecins de nuit et pour les weekends, mais comme on pense qu’il nous reste deux ou trois semaines avant qu’on doive démonter, ça ne sert à rien. Si on doit partir, bon, on mettra tout dans un camion et on ira créer une nouvelle cuisine collective ailleurs, peut être une cuisine pour les SDF à Bruxelles ou en Grèce…! »

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