Kabul

  • Considérant

l’opportunité de créer son propre commerce dans la Jungle, un Afghan a décidé d’ouvrir le Kabul Café.

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LeKabul Café est l’un des restaurants emblématiques de la rue principale de la Jungle, dans la partie sud. Bénévoles et visiteurs y trouvent des boissons, des plats afghans et des multiprises électriques pour recharger leurs portables. Son succès s’explique en partie par l’expérience du gérant en matière de restauration comme de construction : il a travaillé un an dans le bâtiment en Angleterre où il a appris à assembler des charpentes de toits à double pente – en Afghanistan, explique-t-il, les toits sont toujours plats, constitués de bois pour la structure puis recouverts de ciment. Grâce aux compétences acquises lors de son séjour outre-manche, il a bâti le restaurant en un mois, avec l’aide de deux autres amis afghans, en investissant 6 000 euros. Après son expérience dans la construction en Angleterre, il a travaillé en tant que cuisinier dans un restaurant en Norvège et y a appris le fonctionnement de la restauration à grande échelle. Ensuite, il a vécu trois ans en Italie, travaillant dans différents domaines.

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Comme les autres restaurants de la Jungle, le Kabul Café met à disposition des tables pour boire le thé, recharger son portable, regarder des clips à la télé, discuter et manger. Au menu, des spécialités afghanes réadaptées en fonction des produits disponibles, comme de la viande, haricots rouges, épinards avec des pois chiches et du riz. S’ils ne fabriquent pas le pain sur place, ils achètent les naan à la boulangerie installée non loin.

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Le gérant et les trois employés ouvrent le Kabul Café à 8h du matin. On peut y venir sans consommer : c’est le cas de la plupart de ceux qui passent et restent le temps de charger leur téléphone portable. Un esprit d’hospitalité qui n’est pas sans incidences sur les bénéfices, selon le gérant. Les bons jours, sa marge serait de 200 euros en moyenne. Lors de notre rencontre, il disait n’avoir réalisé que « 2 000 euros de retour sur investissement sur les 6 000 investis ». Depuis quelques jours, le gérant a stoppé ses ravitaillements au supermarché de Calais pour réapprovisionner son stock, eu égard au devenir incertain de la partie Sud où il est localisé. Vers 23h, il ferme les portes du café et part dormir dans son shelter, non loin de là. Les deux autres travailleurs restent dormir au café et assurent la sécurité de l’établissement pendant la nuit.

Quelques semaines après notre rencontre avec son gérant, la destruction de la partie Sud de la jungle a entraîné celle du Kabul Café.

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