Sculptures

  • Considérant

que ce qu’il se passe a des airs de déjà vu, que les leçons de l’histoire ne valent que pour ceux qui l’écrivent, et que l’Etat français ne détient visiblement toujours pas la clé.

Il y a près de 700 ans, quelques Calaisiens se livrèrent aux Anglais alors que la ville depuis des mois était assiégée. La population en eut la vie sauve.

Cet événement historique instauré en mythe prit la forme d’une sculpture créée par Rodin, intitulée Les Bourgeois de Calais. Elle représente six hommes, « bourgeois héroïques », en guenilles, tenant les clés de la ville. Symbole de la résistance calaisienne, ce mythe dure comme dure le bronze.

Bourgeoisanthropo

Aujourd’hui, le problème ne vient plus des Anglais qui prirent la ville en 1346, ni des Allemands qui la rasèrent en 1940, pas davantage du génocide qui sévit au Darfour, ni de la guerre civile qui déplace des populations en Syrie, mais de 5 000 personnes ayant trouvé refuge dans des maisons en bois de palettes.

A l’hiver 2016, un millier de migrants s’en remit à l’Etat français alors que la Jungle depuis des mois était assiégée par des forces de l’ordre. La population en fut partagée.

Containers

Cet événement médiatique instauré en aide humanitaire prit la forme d’une sculpture créée par l’État, intitulée Centre d’Accueil Provisoire. Elle représente 125 containers, « espaces de vie commune », flambant neufs, prétendant tenir lieu de solution à la crise migratoire. Mythe de l’hospitalité de l’Etat français, ce monument ne durera pas plus que ne dure la tôle.

 

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