White Mountain

  • Considérant

la Jungle comme une opportunité pour rassembler quelques économies avant de rejoindre l’Angleterre, six Afghans se sont organisés pour créer un grand restaurant flanqué de ses nombreuses offices : boulangerie, épicerie, bar à chicha. Le bien-nommé « White Mountain » est perché dans la partie Nord de la rue principale.

WHITEMOUNTAIN_plan_crop

En octobre 2015, six Afghans commencent à couper des arbres pour construire le restaurant / boulangerie / épicerie / bar à chicha, qu’ils surnomment le « White Mountain », en hommage aux montagnes d’Afghanistan. Après un mois de travaux et un investissement d’environ 10 000 euros, ils inaugurent l’établissement. Malgré le manque d’expertise, la construction présente de réelles qualités architecturales, notamment sa charpente en bois fine et précise, parfaitement réglée. Recouverte d’un film plastique bleu légèrement translucide, cette grande toiture apporte une belle lumière tamisée au restaurant. Les imperfections de la structure sont résolues avec de menus dispositifs bricolés, comme, par exemple, les dix sacs de riz accrochés au toit pour lester la toiture, en prise au puissant vent du Nord. L’un des gérants assure qu’il « était facile de construire tout ça ».

Le White Mountain expose de belles photographies de la Jungle en noir et blanc, prises par un photographe anglais. Une télévision écran plat diffuse des clips de musique de Bollywood, du Liban et d’Afghanistan qui captivent le public. Chaque soir, un film est projeté, et parfois interrompu, pour relancer les consommations…

WHITEMOUNTAIN_coupe_crop

Aucun des gérants du White Mountain n’était réellement expérimenté pour ouvrir un restaurant, de surcroît augmenté d’une épicerie, d’une boulangerie et d’un bar à chicha. Seul le boulanger avait travaillé pendant 6 ans en tant que cuisinier en Angleterre. L’idée leur est venue après avoir réalisé que la Jungle leur offrait l’opportunité de compléter leurs maigres subsides, avant de tenter leur chance outre-Manche.

Entre 10h et 2h, de nombreux Pakistanais, Érythréens, Soudanais, Syriens, mais surtout des Afghans et des bénévoles viennent s’asseoir sur les banquettes pour manger, boire du thé, fumer la chicha, jouer aux cartes, discuter et recharger leur téléphone portable. Selon le gérant, les quelques personnes installées sur la longue table avec des bancs sont surtout des étrangers (ici, les étrangers, ce sont les bénévoles venus notamment d’Angleterre et de France).

WHITEMOUNTAIN_elev_crop

A 2h du matin, quand le restaurant / boulangerie / épicerie / bar à chicha ferme ses portes au public, deux travailleurs du restaurant restent dormir sur place, au chaud, tout en assurant la sécurité du White Mountain.

White Mountain